Au Japon, le vagin est encore (et toujours) tabou

L’arrestation, la semaine dernière, d’une artiste japonaise qui proposait d’imprimer son vagin en 3D illustre la très grande frilosité du pays du soleil levant face au sexe féminin. Un pays où celui des hommes fait partie intégrante de la culture.

Imprimer un vagin en 3D, non, mais faire un festival consacré aux pénis, oui. Tout le paradoxe du Japon en matière de sexe est résumé dans cette phrase d’accroche. 

Comme le souligne slate.fr, la police japonaise a arrêté, la semaine dernière, une artiste qui distribuait des données permettant d’imprimer des répliques 3D de son vagin, sous forme d’une embarcation baptisée le "bateau-chatte". Megumi Igarashi avait eu recours au crowdfunding pour financer ce projet. Elle a été interpellée après avoir envoyé les données par mail, à une trentaine de donateurs. 

La création du bateau-chatte | © Megumi Igarashi

"Si l'art d'Igarashi se place sur la tonalité joueuse et effrontée, sa situation est sérieuse au regard de la loi japonaise : si elle est condamnée, elle pourrait écoper de deux ans de prison ou d'une amende allant jusqu'à 18.000 euros" explique The Guardian.

Si le sexe des hommes et leur sexualité sont bien tolérés dans l’archipel, archipel qui connaît cependant les plus grandes inégalités entre les hommes et les femmes parmi les pays développés, côté femme, le tabou persiste. Ainsi, tous les ans, la ville de Kawasaki organise une fête de la fertilité où le pénis, en sculpture, en bougie, en glace ou en masque, est omniprésent sous toutes ses formes… l’inverse semble difficilement imaginable.

Comme le souligne Slate.fr, avec son "bateau-chatte", l’artiste souhaitait précisément modifier la perception du vagin : "La chatte, le vagin, ce sont de tels tabous dans la société japonaise. Le pénis, au contraire, a été utilisé dans quantité d'illustrations, c'est devenu un motif de la pop culture. Mais le vagin, lui, n'a jamais été vu comme joli. Il est perçu comme obscène [...]", explique-t-elle.